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Jean-Yves Leloup - Site Officiel  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie Madeleine sur les chemins de la Ste Baume

Presses de la Renaissance, 2008

     Jean-Yves Leloup peut-il encore nous apprendre quelque chose à propos de Marie Madeleine ?  N’a-t-il pas déjà tout dit, tout écrit ?  Y aurait-il un aspect de « la femme innombrable » qui lui aurait échappé ?  N’est-ce pas lui qui, les arrachant aux bibliothèques des experts a fait connaître « au monde » particulièrement outre-atlantique, l’Evangile de Marie, puis l’Evangile de Philippe ; dont s’inspireront pour le meilleur et pour le pire, nombre de romanciers professionnels et de théologiens et philosophes amateurs ?  Sa lecture archétypale des évangiles a redonné à beaucoup le goût de les étudier.

Tous les archétypes du féminin,  que Jean-Yves Leloup développera dans ses différents ouvrages, relèvent de la tradition écrite.    Il ne nous avait encore rien dit de la tradition orale (bien que les textes écrits soient fondés évidemment sur une tradition orale).
     Comme le faisaient remarquer les dominicains lors d’un récent colloque à la Sainte Baume : « Il est curieux que parmi les nombreuses appropriations contemporaines du personnage de Marie Madeleine bien peu fasse référence aux « sanctuaires de St Maximin et de la St Baume  ».
     L’imaginaire contemporain aurait pourtant de quoi se nourrir et se réjouir aux sources du légendaire provençal.  Jean-Yves Leloup nous rappelle que ce légendaire se fonde sur les découvertes de l’archéologie la plus scientifique, et sur une tradition ancestrale des plus respectée à travers les siècles. 

Que dit cette tradition de Provence ? C’est ce que Jean-Yves Leloup vient nous rappeler ; il évoque, au contact de ces antiques récits, mais aussi au contact de la terre même de la Sainte Baume où il vécut plus de dix ans, l’archétype dont il ne nous avait pas encore parlé : celui de « « la femme sauvage », sauvage et angélique comme Jean le Baptiste.
      Archétype particulièrement important pour les hommes et les femmes de notre temps qui ayant souffert de trop de dualismes s’appliquent à montrer à travers l’interrelation de toutes choses et l’interdépendance de l’observateur et de l’observé, l’unité du monde de la nature et du monde de l’Esprit…
      Plus de trente ans en effet, Myriam de Magdala aurait été immergée au sein de cette nature, minérale et végétale, animale et angélique.  Comment a-t-elle pu survivre, aux loups, aux sangliers et aux hivers rigoureux ?  Mais comment a-t-elle aussi traversé sa solitude, ses tentations, ses visions, ses joies et ses peurs…  Ce sont des questions très concrètes que celui qui a vécu à la Sainte Baume ne peut pas s’empêcher de se poser. 
     La réponse est sans doute celle qui continue à éclairer l’intelligence et le cœur de Jean-Yves Leloup :

« Seul un très grand amour pouvait rendre une telle ascèse, une telle solitude possible.  Seul dans cette absence de tout homme, de tout dieu et de toute idole, pouvait se révéler la Présence du vrai Dieu et du vrai homme.  « Le Bien-Aimé » qui conduit au désert, qui nous vide de tout ce qu’il n’est pas, pour se révéler enfin « Tout en Tous » : Vivant depuis toujours… »

      C’est à cette intimité avec un grand corps de lumière, le corps du Ressuscité, absent-présent, que nous conduit Jean-Yves Leloup à la suite de Marie Madeleine, il nous invite à entrer dans « la chambre nuptiale », la grotte au cœur du Temple-Forêt de la Sainte Baume, pour boire à la source insaisissable et sacrée qui désaltère toute soif…

Karin Andrea de Guise

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